J’ai lu et adoré ce roman à la construction intrigante en 4 parties dont on découvre petit à petit comment elles vont s’imbriquer. Hernan Diaz y aborde l’argent, la finance, l’importance de la fiction et des récits et leur relation à la réalité et à l’histoire, et le pouvoir.
En creux, il parle aussi du coup de ceux qui en ont moins, d’argent et de pouvoir. De ceux qui n’ont pas de voix.
Dans l’interview Hernan Diaz précise sa pensée sur la façon dont l’argent est perçu, en tout cas aux Etats-Unis: à la fois un sujet d’extrême fierté et d’arrogance qui tient lieu de quasi-religion présentée de manière faussement scientifique et mystérieuse, et aussi un sujet de honte qu’on passe sous silence.
Il décrit ce qu’il voit comme une distance idéologique par rapport à l’argent: dans les relevés bancaires, et autres documents financiers, les petits caractères, le jargon, les expressions techniques sont utilisés à dessein selon lui pour que le commun des mortels soit découragé, et finalement ne se soucie pas de l’argent et laisse les décisions aux soi-disant spécialistes. Distance imposée qui sert le pouvoir de ceux qui ont de l’argent. Pouvoir de façonner l’histoire en achetant les récits qui vont rester.
Je pense qu’on peut tirer un parallèle avec les harceleurs et autres manipulateurs qui se débrouillent instinctivement pour insuffler un sentiment de honte à leurs victimes, de façon à ce que la vérité de leurs actions n’apparaissent jamais au grand jour.
Fun fact: le roman a été écrit pendant la présidence de Trump. Espérons que c’était la dernière. On croise les doigts!
Louisiana channel
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